REVUE ALGÉRIENNE DE PROSPECTIVE ET D’ÉTUDES STRATÉGIQUES - VOL. 01, N° 01, JANV. – MARS 2016

M. Rafik BOUKLIA-HASSANE

Ce travail étudie la faisabilité d’une croissance accélérée de l’économie nationale hors hydrocarbures à l’horizon 2030. Il examine les transformations économiques structurelles nécessaires, ainsi que l’investissement requis pour ces transformations. Il montre, à travers des simulations, que la diversification accélérée de l’économie se heurte, du fait de conditions initiales très défavorables, au problème de soutenabilité de l’endettement interne et externe. Le report des réformes économiques accentue cette situation de ‘verrouillage’ de l’économie algérienne.

 

LA SCENE PETROLIERE ET GAZIERE INTERNATIONALE : INCERTITUDES, ENJEUX ET CHALLENGES POUR L’ALGERIE

Dr Mourad PREURE

L’auteur explique les changements à l’oeuvre dans l’industrie mondiale des hydrocarbures et leurs incidences sur l’Algérie. Il met en évidence quelques hypothèses sur les évolutions dans le futur immédiat, le moyen et le long terme. Il aborde ainsi les grands équilibres et les tendances lourdes, ainsi que les jeux d’acteurs. Il examine succinctement les évolutions récentes du marché pétrolier, et tente de poser quelques hypothèses sur les évolutions attendues dans le futur immédiat et dans le moyen et le long terme. Il aborde ensuite l’industrie gazière et plus spécifiquement la scène gazière européenne, le marché naturel de l’Algérie, et conclut en posant quelques questions sur l’impact de cette crise sur l’Algérie, à son potentiel et aux challenges, auxquels il est confronté.

 

LES DETERMINANTS ET LES OBSTACLES A L’INTERNATIONALISATION DES PME FAMILIALES ALGERIENNES

Mme MOUMOU OUERDIA épouse BELLAHCENE

Les entreprises familiales constituent une large majorité dans le monde. En Europe, le pourcentage d’entreprises familiales oscille entre 60et 93%. En Australie, trois quarts des entreprises sont familiales. Mais se sont incontestablement les USA qui restent en tête de liste avec 93% d’entreprises familiales. En Algérie, bien qu’aucune étude n’ait été réalisée et les statistiques fiables inexistantes, les officiels et experts s’accordent à affirmer que l’entreprise dite familiale est dominante dans l’activité économique privée algérienne. Ces PME évoluent dans un environnement particulièrement turbulent, notamment à cause d’une transition encore inachevée et d’une intégration rapide dans l’économie mondiale. Cette communication s’est fixé pour objectif général, d’expliquer les difficultés organisationnelles et entrepreneuriales des entreprises familiales algériennes à l’internationalisation en déterminant les facteurs qui influencent significativement leur croissance, et de nous interroger sur les options stratégiques possibles pour les PME familiales face à la menace de la mondialisation. Autrement dit nous étudieronsles déterminants et les différents obstacles à la croissance des PME familiales algériennes.

 

ETHIQUE ET DEVELOPPEMENT DURABLE : QUELQUES ELEMENTS D’APPRECIATION

M. Ali BENTABET

La présente réflexion tente une incursion dans un domaine tout récent et peu exploré par le champ de la pensée économique, à défaut d’un référent réel, observable dans la plupart des économies, notamment celle de la partie Sud, celle des pays émergents ou en quête d’émergence. Sans doute l’introduction d’un filtre non financier pour évaluer une stratégie d’investissement ne suscitant guère d’intérêt a une part de responsabilité. Aussi, faut-il remarquer une certaine indigence en matière de données disponibles et d’ouvrages spécialisés dans l’équation éthique et développement durable en particulier dans les pays en développement. Toutefois, la question de l’éthique dans une problématique de développement durable et de l’impératif de la bonne gouvernance, mérite débat.

 

SYSTÈME NATIONAL D’INFORMATION : ENJEUX DE PRÉSERVATION ET DÉFIS PROCÉDURAUX FACE AUX EXIGENCES DE LA GLOBALISATION

M. Mohamed BOUNAAMA

Personne morale de droit public, l’Etat possède, une existence historique et une assise structurelle et fonctionnelle façonnée à travers l’histoire. En ce sens, elle incarne la prépondérance du rôle régulateur et tutélaire dans la protection et la gestion des aspects sécuritaires de l’information. Conséquemment l’information reflète la base du système et des caractéristiques dominantes du fonctionnement des structures de l’Etat. La question de la préservation de la traçabilité des actes des institutions, voire de l’entité dimensionnelle réunie sous le vocable « information », doit être gérée en synergie avec la stratégie administrative, politique et stratégique de l’Etat, induisant les facteurs tant endogènes qu’exogènes en relation avec les dividendes à engranger dans la capitalisation des expériences. La thématique de l’étude se profile à travers le prisme « préservation » dans le cadre d’une approche définitionnelle des principales actions et mesures que fixe la corrélation méthode / pratique, tendant à mettre en avant une stratégie nationale de préservation d’un des attributs de souveraineté.

 

LA QUESTION DES TRANSFERTS SOCIAUX EN ALGERIE : ENTRE LE MAINTIEN DE LA PAIX SOCIALE ET LES CONTRAINTES FINANCIÈRES

M. Baghdad CHAIB & M. Nourredine MENAGUER

Le concept du bien-être économique est loin d’être achevé pour l’Algérie, et ce malgré la mise en disponibilité d’énormes moyens financiers, par le biais des transferts sociaux, ce qui suscite de multiples questionnements et interrogations sur le bienfondé d’une telle démarche, à un moment où les économies les plus développées insistent sur une plus grande rationalité dans la gestion des dépenses publiques. L’Etat algérien semble se contenter des revenus des hydrocarbures pour soutenir le financement des subventions, des aides, des soutiens et autres, sans mesurer la gravité et la sensibilité d’un financement des transferts sociaux dans un contexte et conjoncture défavorable, comme c’est le cas ces derniers mois, espérant que cette mauvaise passe ne durera pas trop longtemps, et que les retombées sur le volet social des citoyens compenseront le manque à gagner du pays. Les transferts sociaux exigent la tenue des engagements promis par les dirigeants, même dans les moments compliqués, difficiles et délicats, car le citoyen est intransigeant sur les questions sociales, telles que les subventions des prix, l’accès au logement, à l’eau potable, à l’électricité, au gaz, à la santé, à l’éducation, mettant, ainsi, plus de pressions et une lourde responsabilité sur les décideurs économiques, se retrouvant, par conséquent, devant un dilemme et une sérieuse problématique, à savoir : comment répondre aux attentes sociales, si nombreuses, variées et exigeantes, des citoyens, à un moment où les revenus espérés sont en deçà de ce qui a été attendu et souhaité ? De ce fait, toute la problématique des transferts sociaux, en Algérie, est cernée autour de deux facteurs : 1. La dépendance, sans limite, des revenus pétroliers, avec une stratégie de diversification hors hydrocarbures mise en veilleuse. 2. Le poids de l’économie informelle qui semble celle qui profite le plus de la répartition et du ciblage des transferts sociaux.