LES NOTES DE L’INESG 08 (2015)
Dr. Nadia GACEM, CER INESG

Pour éviter les affres de la contestation et de la violence qu’ont connues certains pays arabes, le Maroc avait choisi comme défi l’instauration d’une société homogène fondée sur les principes de participation, du pluralisme et de la bonne gouvernance. C’est dans cette nouvelle conception que les élections communales et régionales du 04 septembre 2015 ont constitué la première étape d’une année décisive pour les principaux partis politiques du Maroc qui auront à s’affronter lors des législatives prévues pour l’Automne 2016. Ces législatives seront les premières élections après la révision de la Constitution marocaine. Les résultats étaient assez prévisibles suggérant deux évolutions possibles : l’une en faveur du Parti authentique et modernité (PAM) ; l’autre en faveur du Parti de la justice et du développement (PJD). Le premier, là où l’administration royale et l’appareil d’Etat tentaculaire du Makhzen est puissante, a fait un bon score ; le second s’est imposé dans les grandes villes, et approche la frange de la population moyenne, urbaine et conservatrice. La plupart des observateurs prévoient le PJD comme vainqueur des élections, mais son succès peut bousculer les règles tacites sur lesquelles est fondée la cohabitation entre le parti islamiste et le Palais royal. Alors, quelles sont les clés du succès du PJD ? Sa victoire est-elle une victoire de l’islamisme ou du pragmatisme ? L’émergence du PJD comme principal force politique aux élections communales et régionales de 2015 n’est-elle pas un facteur de déstabilisation pour l’équilibre politique de la monarchie au Maroc, alors que les partis traditionnels marquent un recule ?