CONFLUENCES INTERNATIONALES 3 (2015)
M. Abderrahmane Moussaoui

La mouvance salafiste est une tendance de l’islam sunnite, qui a pris naissance à Médine (Arabie saoudite) au XVIIIe siècle. Elle se réclame du retour aux fondamentaux de l’islam, que sont le Coran et la Sunna.
Formée de la racine « Salaf », la Salafiya signifie antique, ancêtre. Elle désigne à la fois une conception, une démarche et ses adeptes, qui considèrent que l’Islam a été altéré dans son esprit et dans sa pratique, et qu’il serait grand temps de le restaurer dans sa pureté originelle.
La Salafiya est souvent traduite par fondamentalisme. Elle tend à bannir l’innovation, et à se conformer à la parole et aux actes du Prophète.
Mais si d’apparence, le salafisme exprime un rejet des différents courants, qui traversent l’islam, il se réclame en réalité du hanbalisme, la doctrine la plus rigoriste pure et dure. Il milite, entre autres, pour la disparition de la nation et des frontières, ce qui donne, aujourd’hui, en Algérie l’éclatement des frontières nationales et religieuses, mais également la fissuration du dogme malékite dominant.
Le salafisme a fait son apparition en Algérie vers la fin des années 1970 avant de prendre une forme violente durant la décennie 1990.
Dans les années 1960, l’Arabie saoudite vise le leadership du monde musulman. Elle se met à la tête du panislamisme pour contrecarrer, entre autres, la montée du panarabisme initié par Le Caire, et représenté notamment par le parti Baâth, qui vient de triompher en Irak, pour s’assurer une stabilité politique interne et une hégémonie sur le monde de l’islam.

On distingue trois types de Salafiya :

1. La Salafiya dite « scientifique » (al-‘ilmiya). Elle milite pour un changement de la société par la propagation d’une culture islamique attestée par des références documentées. Ses adeptes se limitent aux aspects religieux, et se prononcent toujours en s’appuyant sur des « preuves scientifiques » (ad-dilla ‘ilmiya), et en faisant référence à l’exégèse coranique à la lumière d’une sunna documentée. Se voulant apolitiques, ils appellent au respect du souverain, et considèrent la désobéissance, comme une faute grave.
2. La Salafiya al-harakiya : elle est représentée par la mouvance islamiste, qui a choisi de se structurer en partis pour propager ses convictions. Pour le leader et ses partisans, les idées de l’islam doivent être répandues par étape dans la société. Très politisés, ses cadres revendiquent la modernité dans plusieurs aspects de la vie quotidienne (costumes, voyages, etc.).
3. La Salafiya djihâdiya : elle incite ouvertement au djihad contre les autorités en vue de la création d’un Etat islamique. Elles appellent à combattre tous ceux, qui gouvernent ou s’impliquent dans l’exercice d’un pouvoir agissant selon des lois différentes que celles édictées par Allah. Elle considère tout musulman, qui ne respecte pas ces lois divines, comme un apostat, qui doit être combattu.