LES NOTES DE L’INESG 06/07 (2015)
Dr. Liess BOUKRA, DG INESG

Il y a un paradoxe algérien. En effet, le plus vaste pays d’Afrique, du monde arabe et du bassin méditerranéen, recelant d’importantes ressources naturelles et humaines, disposant de la 27ème armée au monde sur les 126 nations inventoriées, s’y ajoute une situation géographique idéale au carrefour de l’Europe, de l’espace méditerranéen, du Sahel et du Moyen-Orient, n’a toujours pas réussi à se hisser au rang de « pays émergents » et de « puissance régionale ».

Les fondements de la puissance d’hier ne sont plus ceux d’aujourd’hui dans le monde bipolaire, c’étaient : le territoire, la population, l’économie, le poids dans les organisations/institutions internationales, la force militaire, l’exploitation des ressources naturelles, le système recherche-développement et l’influence socioculturelle à travers le monde. Mais la révolution numérique, qui a exigé la mondialisation, a aussi émergé de nouvelles menaces transnationales de plus en plus hybrides, ce qui a affecté en profondeur les principes et les composants de la puissance. Dès lors les nouveaux fondements de la puissance sont : la prospérité économique, l’intégrité dans les systèmes d’alliance, la cohésion sociale, la maitrise et le contrôle des réseaux et la capacité de projection à travers le monde.

Donc, l’Algérie possède quelques attributs de la puissance traditionnelle et un très fort potentiel  de la nouvelle puissance contrarié par des carences en  performances économiques, maitrise et contrôle des réseaux et l’insertion dans des stratégies collectives, permettant d’affirmer que ce pays dispose d’une puissance réelle largement inférieure à son potentiel de puissance. Quelles initiatives pour ce pays qui partage presque toutes ses frontières avec des Etats dont la situation sécuritaire est des plus alarmantes, pour exploiter sa réelle puissance régionale ?